Huile de coco sur le corps : quels bienfaits pour la peau ?

femme applicant de l'huile de coco sur ses jambes

Ouvrez un pot d’huile de coco dans une pièce un peu fraîche : vous obtenez une matière blanche, presque cireuse, qu’il faut prélever avec les doigts. Quelques secondes au creux de la main et elle fond. Sur la peau, même scénario. Elle devient fluide, glisse facilement et laisse cette sensation satinée qui explique sans doute une bonne partie de son succès dans les salles de bains.

On l’utilise sur les jambes après la douche, sur les coudes qui accrochent un peu sous les doigts, sur les talons secs, parfois pour masser les épaules ou nourrir les mains. Son intérêt ne repose pourtant pas uniquement sur son côté agréable. L’huile de coco possède de vraies propriétés émollientes et peut trouver sa place dans une routine corporelle, surtout lorsque la peau manque de souplesse.

Encore faut-il savoir ce qu’elle fait réellement. Et, accessoirement, ce qu’elle ne fait pas.

Découvrez aussi nos recettes maison de gommage pour le corps à l’huile de coco.

Pourquoi l’huile de coco plaît autant aux peaux sèches ?

Une peau sèche se reconnaît assez facilement. Elle tiraille après la douche, blanchit légèrement lorsqu’on la gratte, devient rêche sur les tibias ou présente de minuscules squames. L’hiver, les jambes donnent parfois l’impression d’avoir été saupoudrées de farine très fine. Pas très glamour, mais parlant.

L’huile de coco agit surtout comme émollient. Autrement dit, elle assouplit la couche superficielle de l’épiderme et limite la sensation de sécheresse en déposant un film lipidique sur la peau.

Un petit essai clinique réalisé sur 34 personnes souffrant de xérose légère à modérée a comparé l’huile de coco vierge à une huile minérale pendant deux semaines. Les deux produits ont augmenté l’hydratation cutanée, avec des résultats comparables, sans réaction indésirable significative rapportée dans le cadre de l’étude.

Il faut cependant bien comprendre une nuance souvent oubliée : une huile n’apporte pratiquement pas d’eau à la peau. Elle aide surtout à retenir celle qui s’y trouve déjà et rend la surface plus souple.

Voilà pourquoi le moment où vous l’appliquez compte.

Sur une jambe parfaitement sèche, l’huile donne du confort et du glissant. Sur une peau encore légèrement humide après la douche, elle aide à emprisonner cette humidité sous son film gras. Le principe vaut d’ailleurs pour les soins hydratants en général : l’American Academy of Dermatology conseille l’application d’un hydratant après le lavage, alors que la peau conserve encore un peu d’eau.

Le geste paraît minuscule. Sous les doigts, pourtant, la différence se sent.

Sur les jambes, bras et zones rugueuses, elle est dans son élément

L’huile de coco est probablement plus intéressante sur le corps que lorsqu’on tente d’en faire un produit universel pour toute la peau.

Prenez les tibias. Peu de glandes sébacées, vêtements qui frottent, eau chaude de la douche, savon parfois décapant : ils finissent facilement secs. Même chose pour les avant-bras, les genoux, les coudes ou les pieds.

Sur ces endroits, quelques gouttes suffisent.

Pas besoin de transformer votre salle de bains en patinoire. Une couche épaisse reste longtemps en surface et finit surtout dans le pyjama ou les draps. Une petite quantité chauffée entre les mains se répartit beaucoup mieux.

Vous pouvez notamment l’utiliser :

  • après la douche sur une peau encore légèrement humide ;
  • sur les coudes, genoux et talons lorsqu’ils deviennent rugueux ;
  • sur les mains après des lavages fréquents, plutôt le soir si vous n’aimez pas avoir les doigts gras ;
  • comme huile de massage sur le dos, les épaules ou les jambes ;
  • sur les cuticules et le pourtour des ongles lorsque ces zones se dessèchent.

J’aime assez l’exemple des talons, parce qu’il montre aussi les limites du produit. Sur une légère sécheresse, l’huile assouplit très bien. Face à une couche cornée épaisse et fendillée, elle risque de sembler bien timide. Une crème contenant de l’urée, par exemple, sera souvent mieux adaptée à ce type de peau très épaissie.

L’huile de coco reste une huile. Pas une boîte à outils dermatologique complète.

Ce drôle de film gras a une utilité : freiner la perte d’eau

Notre peau perd continuellement de l’eau vers l’extérieur. Le phénomène porte un nom assez peu poétique : la perte insensible en eau, ou perte d’eau transépidermique.

Lorsque la barrière cutanée fonctionne correctement, cette fuite reste contenue. Une peau agressée par des lavages répétés, une atmosphère très sèche, certains produits irritants ou une affection dermatologique retient moins bien son eau.

Les corps gras prennent alors tout leur sens.

Ils comblent en partie les espaces entre les cellules les plus superficielles de l’épiderme et créent une couche qui ralentit l’évaporation. L’huile de coco contient principalement des acides gras saturés, parmi lesquels l’acide laurique occupe une large place.

Des travaux cliniques ont observé des effets intéressants sur la barrière cutanée. Dans un essai réalisé auprès de 117 enfants présentant une dermatite atopique légère à modérée, l’application d’huile de coco vierge pendant huit semaines s’est accompagnée d’une baisse de la perte d’eau transépidermique et d’une hausse de l’hydratation mesurée de la peau. Les résultats obtenus dans cette étude étaient meilleurs que ceux du groupe utilisant une huile minérale.

Il serait tentant d’en déduire que votre pot d’huile de coco peut traiter l’eczéma familial. Gardons-nous de ce raccourci.

Une étude clinique menée dans un cadre médical et la prise en charge d’une maladie chronique sont deux choses différentes. Une dermatite atopique qui gratte, s’enflamme, suinte, forme des plaques répétées ou perturbe le sommeil mérite un avis médical. L’huile peut éventuellement jouer un rôle d’émollient chez certaines personnes, mais elle ne remplace pas les traitements prescrits.

L’acide laurique explique aussi une partie de sa réputation

L’huile de coco traîne derrière elle toute une collection de promesses : antibactérienne, antifongique, réparatrice, apaisante, presque capable de refaire une peau neuve avant le petit-déjeuner.

Certaines affirmations partent de faits intéressants, puis prennent beaucoup trop de liberté en chemin.

L’acide laurique et plusieurs composés issus de l’huile de coco présentent une activité antimicrobienne étudiée en laboratoire. Un essai clinique portant sur des adultes atteints de dermatite atopique a également observé une diminution de la colonisation cutanée par Staphylococcus aureus chez les participants utilisant de l’huile de coco vierge. L’étude comptait toutefois un nombre limité de sujets et portait sur une population atteinte d’une affection dermatologique précise.

Cela ne transforme pas l’huile de coco en désinfectant.

N’en appliquez donc pas sur une plaie en pensant éviter une infection, et ne remplacez pas un antiseptique recommandé par un professionnel par le contenu du placard de cuisine.

Pour une peau saine, le bénéfice le plus simple à retenir reste beaucoup moins spectaculaire : elle graisse, assouplit et réduit la sensation de sécheresse. Ce qui est déjà plutôt utile.

Huile de coco pure ou soin corporel à la noix de coco ?

On met facilement tout dans le même panier. Un baume parfumé à la noix de coco, une huile végétale vierge et une lotion contenant 3 % d’huile de coco n’ont pourtant ni la même composition ni le même comportement sur la peau.

L’huile vierge est obtenue à partir de la noix de coco avec un traitement limité. Elle conserve son odeur caractéristique, celle qui fait immédiatement penser à une pâtisserie ou à une crème solaire, selon vos souvenirs.

L’huile raffinée possède généralement une odeur beaucoup plus neutre.

Côté texture, l’huile de coco se solidifie lorsque la température descend sous son point de fusion, situé autour de 24 °C. Un pot solide un matin frais n’a donc rien d’anormal. Vous n’avez pas acheté une mauvaise huile. Votre salle de bains est simplement fraîche.

Pour le corps, une huile de coco vierge avec une composition simple suffit lorsqu’elle est bien tolérée. Regardez tout de même l’étiquette : certains produits présentés comme « huile de coco » sont des mélanges parfumés contenant plusieurs huiles, des silicones ou des parfums.

Les peaux réactives apprécieront souvent les compositions courtes et sans parfum ajouté.

Faut-il vraiment en mettre partout ?

C’est là que l’histoire se complique un peu.

Le corps supporte parfois très bien une matière que le visage déteste.

L’huile de coco est riche et laisse un film marqué. Pour une jambe sèche, rien de gênant. Sur une zone sujette aux boutons, aux folliculites ou aux pores obstrués, je serais beaucoup plus prudent.

Les personnes ayant une peau acnéique ont généralement intérêt à rechercher des produits portant la mention « non comédogène », « sans huile » ou indiquant qu’ils ne bouchent pas les pores, comme le rappelle l’American Academy of Dermatology.

C’est particulièrement vrai sur le visage, le haut du dos, le thorax et parfois les épaules.

Vous avez peut-être déjà vu le scénario : application généreuse après la douche, peau superbe sur le moment, puis une série de petits boutons rouges autour des follicules quelques jours plus tard. Ce n’est pas systématique. Certaines personnes utilisent l’huile de coco pendant des années sans rencontrer ce problème. D’autres la supportent mal.

La peau a ce défaut agaçant : elle refuse assez souvent de suivre les recettes universelles d’Internet.

Testez donc sur une petite zone avant d’en tartiner la moitié de votre corps, surtout lorsque vous avez tendance à réagir aux cosmétiques.

L’application après la douche mérite quelques ajustements

Le meilleur rituel n’est probablement pas celui qui contient neuf produits posés sur le rebord de la baignoire.

Une douche tiède, un nettoyant doux lorsque vous en avez besoin, une serviette utilisée sans frotter comme si vous vouliez poncer une table… puis le soin.

Laissez la peau à peine humide. Prélevez une noisette d’huile de coco si elle est solide, faites-la fondre entre vos paumes et massez les zones sèches. Ajoutez-en uniquement lorsque vos mains ne glissent plus.

Au bout de quelques essais, vous trouverez votre quantité.

C’est d’ailleurs souvent là que l’on se trompe avec les huiles végétales. Nous avons tendance à croire qu’une peau sèche réclame beaucoup de matière grasse. Une couche généreuse ne pénètre pas forcément davantage. Elle reste simplement plus longtemps sur la peau.

Si l’huile pure vous paraît trop lourde, appliquez d’abord une lotion corporelle puis une infime quantité d’huile sur les zones qui tirent encore. Vous profitez ainsi de l’eau et des agents hydratants présents dans la lotion, puis du côté occlusif de l’huile.

Autre possibilité : gardez l’huile pour certaines saisons. Elle peut sembler très agréable en hiver et devenir franchement inconfortable lors d’une soirée chaude de juillet.

Et pour les vergetures, la cellulite ou le bronzage ?

Voilà trois sujets qui ont fait vendre pas mal de pots.

Pour les vergetures, masser régulièrement la peau avec une huile peut la rendre plus souple et réduire temporairement son aspect sec. Rien ne justifie cependant de présenter l’huile de coco comme un produit capable d’effacer des vergetures déjà installées. Ces marques correspondent à des modifications plus profondes du derme. Une huile déposée en surface ne les fait pas disparaître.

Même réserve avec la cellulite. Masser les cuisses donne à la peau un aspect momentanément plus lisse, surtout lorsqu’elle est bien nourrie et brillante. Le tissu adipeux sous-cutané responsable de l’aspect capitonné, lui, n’a pas disparu pendant le massage.

Quant au bronzage, méfiance.

Une peau enduite d’huile peut paraître lumineuse et dorée, mais l’huile de coco pure n’est pas un substitut à une protection solaire formulée et testée pour filtrer les UV. Lors d’une exposition au soleil, utilisez un produit solaire offrant un niveau de protection adapté et appliquez-le selon les recommandations indiquées sur son emballage.

Le parfum des tropiques ne protège pas des tropiques.

Les petites précautions qui évitent de gâcher l’expérience

Une huile végétale reste un cosmétique potentiellement mal toléré. Avant une utilisation généreuse, essayez-en une petite quantité sur une zone restreinte pendant quelques jours. Rougeurs, démangeaisons, boutons ou sensation de brûlure sont de bonnes raisons d’arrêter.

Évitez également l’application sur une peau infectée, une plaie profonde ou une lésion inexpliquée sans avis médical.

Après un rasage, prudence aussi. Une peau fraîchement rasée présente de minuscules irritations invisibles. Certaines personnes apprécient l’huile à ce moment-là, d’autres ressentent des picotements ou voient apparaître de petits boutons folliculaires. Attendre quelques heures peut changer complètement la réaction.

Et puis il y a le problème dont personne ne parle dans les routines beauté parfaitement photographiées : l’huile tache.

Un jean clair passé immédiatement après une application généreuse risque de garder le souvenir de votre rituel. Même histoire pour les draps. Massez bien et laissez quelques minutes à votre peau avant de vous habiller.

Détail banal. Très concret.

FAQ

Peut-on mettre de l’huile de coco sur le corps tous les jours ?

Oui, lorsqu’elle est bien tolérée par votre peau. Une application quotidienne peut convenir aux zones sèches comme les jambes, les bras, les coudes ou les pieds. Commencez par une petite quantité, idéalement sur peau encore légèrement humide après la douche.

Une peau qui devient grasse, présente des boutons ou démange vous indique assez clairement que cette fréquence ne lui convient pas.

L’huile de coco hydrate-t-elle réellement la peau ?

Elle agit principalement comme corps gras émollient et occlusif. Elle assouplit la couche superficielle et aide à limiter la perte d’eau plutôt qu’à fournir elle-même beaucoup d’eau à l’épiderme.

Des essais cliniques ont observé une hausse de l’hydratation cutanée après application d’huile de coco chez des personnes présentant une peau sèche.

Pour profiter davantage de cet effet, appliquez-la sur une peau légèrement humide ou par-dessus un soin hydratant.

L’huile de coco peut-elle remplacer une crème pour le corps ?

Sur une peau simplement sèche, parfois oui. Tout dépend de ce que vous recherchez.

Une crème ou un lait corporel associe souvent de l’eau, des substances capables de retenir cette eau et des corps gras. L’huile de coco apporte surtout la partie lipidique. Si votre peau réclame davantage qu’un film nourrissant, un lait ou un baume formulé avec plusieurs familles d’ingrédients pourra être plus confortable.

Peut-on appliquer de l’huile de coco après le rasage ?

Vous pouvez essayer une petite quantité lorsque votre peau la supporte bien. Si vous êtes sujet aux poils incarnés, aux boutons ou aux folliculites, mieux vaut rester prudent avec les textures très grasses.

Sur une peau qui vient d’être rasée et qui chauffe déjà, attendez éventuellement quelques heures avant l’application.

L’huile de coco aide-t-elle contre l’eczéma ?

Certaines études ont obtenu des résultats intéressants avec l’huile de coco vierge chez des patients présentant une dermatite atopique, notamment sur l’hydratation et la perte d’eau transépidermique.

Ces données ne suffisent pas à en faire un traitement autonome de l’eczéma. Plaques persistantes, démangeaisons fortes, suintements, croûtes ou poussées répétées justifient une consultation médicale.

L’huile de coco enlève-t-elle les vergetures ?

Elle peut assouplir la peau et rendre les zones sèches plus satinées, mais il n’existe pas de raison de s’attendre à ce qu’une huile appliquée en surface fasse disparaître des vergetures installées.

Le massage reste agréable. La promesse d’une peau redevenue parfaitement uniforme l’est beaucoup moins.

Peut-on mettre de l’huile de coco sur une peau acnéique ?

Sur les parties du corps sujettes à l’acné ou aux pores bouchés, mieux vaut avancer avec retenue. Les recommandations dermatologiques destinées aux peaux acnéiques privilégient généralement les hydratants portant la mention « non comédogène » ou indiquant qu’ils n’obstruent pas les pores.

Gardez éventuellement l’huile de coco pour vos tibias et vos talons si ces zones l’apprécient. Votre visage n’est pas obligé de suivre.

Quelle quantité d’huile de coco utiliser sur le corps ?

Beaucoup moins qu’on ne l’imagine. Commencez avec une petite noisette pour une zone comme les deux tibias, puis ajoutez du produit seulement si nécessaire.

Après le massage, votre peau peut être légèrement satinée. Si vos jambes ressemblent à deux churros fraîchement sortis de la friteuse, vous avez probablement eu la main un peu lourde.